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La chronique de Francine: Francine et le tofu

Francine, chroniqueuse de FRUGALOU — Francine a son mot à dire
FRANCINE A SON MOT À DIRE

Francine et le tofu : « C’est quoi ce bloc-là? »

Léa est arrivée dans ma cuisine avec un bloc blanc, un air parfaitement confiant et beaucoup trop d’assurance. J’ai regardé le tofu, j’ai regardé Léa, puis je me suis demandé lequel des deux allait me convaincre en premier.

Résumé éclair

Je ne suis pas contre le tofu. Encore faut-il savoir quoi faire avec ce bloc blanc qui ne fait pas beaucoup d’efforts pour se vendre. Léa m’a proposé quelque chose de très simple : arrêter de le regarder et commencer par le cuisiner. Une poêle, de l’ail, de la sauce, un peu de patience et, contre toute attente, j’en ai repris une deuxième bouchée. Cette semaine, j’ai donc appris deux choses : le tofu peut être très bon, et il ne faut jamais laisser Léa savourer trop longtemps le moment où elle avait raison.

Ça a commencé comme ça

Léa a déposé un bloc blanc sur ma planche

Je vais être honnête : le tofu et moi, on ne s’était jamais vraiment présentés comme du monde. J’en avais vu. Je savais que ça existait. Je savais aussi qu’il y avait des gens qui en mangeaient avec beaucoup d’enthousiasme. Moi, jusque-là, je n’avais simplement pas reçu l’appel.

Puis Léa est arrivée dans ma cuisine avec son paquet. Elle l’a ouvert, elle a sorti le tofu, puis elle l’a déposé sur ma planche à découper.

Je l’ai regardé.

J’ai regardé Léa.

Puis j’ai regardé le tofu encore une fois, au cas où il se serait amélioré entre-temps.

« C’est quoi ce bloc-là? »

Léa m’a répondu très calmement : « C’est du tofu ferme. »

Ça, merci, je pouvais le lire sur l’emballage. Ce que je voulais savoir, c’était surtout ce qu’on était supposés faire avec. Parce qu’un morceau de tofu cru sur une planche, ça n’a pas énormément de personnalité. Ça reste là, ça attend puis ça te laisse faire tout le travail.

Léa m’a dit de lui donner une chance. Je savais qu’elle avait déjà préparé des recettes de tofu simples et économiques , alors je lui ai laissé le bénéfice du doute.

Pas au tofu. À Léa.

Francine regarde avec curiosité et méfiance un bloc de tofu dans sa cuisine FRUGALOU
Moi devant le fameux bloc. Lui avait l’air parfaitement calme. Moi, j’avais encore quelques questions.
Là, j’ai tiqué

Il faut déjà lui faire un traitement complet?

Léa commence à m’expliquer : on enlève l’eau, on l’éponge, on le coupe en cubes, on l’assaisonne, on ajoute une sauce, puis on le fait bien dorer.

J’écoutais la liste s’allonger.

« Il vient juste d’arriver puis il faut déjà s’occuper de lui autant que ça? »

Elle s’est mise à rire. Moi aussi, parce que je trouvais ça quand même assez juste. À première vue, ce pauvre tofu ressemblait à un aliment qui arrivait avec très peu d’idées personnelles.

Mais ce que j’aime avec Léa, c’est qu’elle ne m’a pas fait un discours sur les protéines végétales ou sur la modernité. Elle a sorti l’ail. La sauce soya. Un peu d’huile. Des assaisonnements. Puis elle a fait chauffer la poêle.

Et là, tranquillement, le bloc blanc a commencé à avoir de la couleur.

Puis il y a eu l’odeur.

Je me suis rapprochée.

« Attends un peu... c’est ça qui sent bon de même? »

Léa n’a même pas répondu tout de suite. Elle avait simplement ce petit sourire-là. Celui qui veut dire : « Continue, Francine, tu t’en viens exactement où je voulais. »

Je lui ai dit : « Profite pas trop de la situation. »

Dans la vraie vie

Bon. Donne-moi-en un morceau.

Elle m’a tendu un cube avec une fourchette. J’ai goûté.

Je n’ai rien dit.

J’en ai repris un deuxième.

Pour vérifier.

Parce qu’il faut être sérieux quand on fait de la recherche.

C’était croustillant dehors, tendre au milieu, bien doré, salé juste assez, avec l’ail et la sauce qui faisaient finalement tout ce travail que le tofu refusait de faire seul.

J’ai regardé Léa.

« Bon. C’est pas mauvais pantoute. »

Elle avait l’air beaucoup trop satisfaite.

Je l’ai avertie immédiatement : « Calme-toi. J’ai dit que c’était bon. J’ai pas dit que j’allais me faire tatouer un bloc de tofu. »

Mais il faut bien reconnaître quelque chose : j’en remangerais.

Et si j’en achète, je n’ai pas besoin non plus de payer n’importe quel prix. Je peux consulter la liste des prix planchers FRUGALOU avant de remplir mon panier.

Là, ça commence à être une option que je comprends très bien : bon, polyvalent et intéressant quand le prix est là.

Francine goûte un cube de tofu doré pendant que Léa sourit dans la cuisine FRUGALOU
Le moment précis où je me suis rendu compte que Léa avait raison. On n’est pas obligés de lui en parler trop longtemps.
Le gros bon sens

Essayer quelque chose ne veut pas dire tout remplacer

Ce qui me fait sourire avec la nourriture aujourd’hui, c’est qu’on dirait parfois qu’il faut choisir son équipe. Si tu manges du tofu, il faudrait tout à coup ne plus aimer ton rôti. Si tu essaies un repas végétarien, il faudrait annoncer une grande transformation.

Moi, je ne fonctionne pas comme ça.

Je vais continuer à faire mes patates pilées avec assez de beurre pour qu’elles goûtent quelque chose. Je vais continuer à cuisiner mes repas traditionnels. Et si Léa revient avec un autre plat de tofu bien doré, je vais probablement en prendre aussi.

Le gros bon sens de Francine

  • Essaie avant de condamner. Une impression n’est pas encore une expérience.
  • Commence simple. Une nouvelle recette n’a pas besoin de dix-sept ingrédients.
  • Donne-lui une vraie chance. Un tofu sans couleur, sans sauce et sans assaisonnement ne va convaincre personne.
  • Regarde ce que tu paies. Un aliment économique n’est intéressant que s’il est réellement acheté au bon prix.

C’est un peu ça que j’aime dans la frugalité moderne : garder le plaisir tout en dépensant plus intelligemment .

Il ne s’agit pas de se priver pour avoir l’air raisonnable. Il s’agit de garder ce qui fonctionne, d’essayer ce qui peut être utile et de décider ensuite si ça mérite une place dans notre cuisine.

Et surtout, si on achète un bloc, on le mange.

Parce que s’il y a une chose qui me dérange plus qu’un bloc blanc qui ne goûte rien, c’est un bloc blanc oublié au fond du réfrigérateur.

Le mot de la fin

Le tofu peut rester

À la fin, Léa a rangé le reste dans le réfrigérateur. Je lui ai demandé comment elle avait fait exactement sa sauce et quels assaisonnements elle avait mis.

Elle m’a regardée avec son petit sourire satisfait.

Je savais très bien ce qu’elle pensait.

« Commence pas. J’ai aimé ça. C’est tout. »

Mais oui, je vais en remanger. Et si j’en trouve au bon prix, je pourrais même en mettre un dans mon panier.

J’aime ça découvrir encore des choses. Pas parce qu’elles sont nouvelles. Parce que certaines valent vraiment la peine.

À 80 ans, je suis parfaitement capable de changer d’idée quand on me donne une bonne raison.

Je demande seulement qu’on me laisse arriver à la conclusion moi-même.

« Le tofu peut rester. Mais touche pas à mon beurre. »

Frugalou

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